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L’histoire
de la Fraternité de Saint Georges
En 1509 Henri VIII instaura le paiement d’une somme annuelle à une
compagnie d’archers qui s’appelait la Fraternité de St.Georges. Ces
paiements furent effectués tous les 23 avril pour encourager la pratique
du longbow. En 1537 le Roi Henri VIII formalisa ces arrangements en
accordant une chartre au nom de la Fraternité et Guilde de St.Georges.
Celle-ci devint plus tard l'Honourable Artillery Company of
London.
Le mot artillerie vient de l’expression française “Arc tirer”, tirer ou
tendre et qui signifie aussi archerie.
En France les archers du Roi étaient appelés les “artilleurs du roi”.
Dès la période du 15eme siècle les archers de la Fraternité s’exerçaient
avec leurs longbows dans les champs de Finsbury, Moorfields et
Spitalfields juste au Nord du mur de Londres. Au sud de la Tamise, ils
tiraient dans les champs de Southwark. Ils organisaient régulièrement
des compétitions de tir dans lesquelles des milliers d’archers se
présentaient.
Le
tir au Longbow fut très encouragé par les Souverains d’Angleterre pour
des raisons politiques évidentes. Le Roi Edward III ordonna aux Sheriffs
de Londres de
proclamer la nécessité d’apprendre et de pratiquer l’art de tirer avec
les arcs et les flèches. Le Roi Edward IV publia un édit limitant le
prix des longbows. Le Roi Richard II fit adopter un décret au Parlement
commandant à tous ses serviteurs de s’entraîner pendant tous leurs
moments de loisir. Henry II fit de même. Henry VII fit adopter un décret
sur la pension des archers et sur l’importation dans le Royaume d’un
nombre adéquat de douves pour fabriquer les arcs.
En 1594 un livre intitulé “Ayme for Finsbvrie Archers” fut publié,
décrivant en détail les activités des archers utilisant les territoires
mentionnés ci-dessus et les marques qui furent utilisées dans les champs
de St.Georges et de Finsbury dans les années 1560. Le livre était un
guide complet des règles et des distances en “score yards” pour chacune
des marques dans les champs autour de Londres, permettant ainsi aux
archers, y compris ceux de la Honourable Artillery Company, de tirer et
de s’entraîner à des distances variées. A cette époque le longbow était
une arme de guerre et les
distances
étaient
donc plus importantes. Par conséquent, les marques étaient placées à des
distances plus grandes que celles utilisées de nos jours.
D’un point de vue militaire, l’aspect de loin le plus important de
l’entraînement des hommes aux longbows fut la capacité de garder une
bonne portée sur toutes les distances. Par conséquent piquer ou tirer
sur une cible fixe fut considéré comme moins important que de parcourir
la campagne, en tirant des marques de distances inconnues et variées. A
travers cet exercice les archers du longbow purent obtenir un bon
jugement du terrain et devinrent des archers redoutables en tous
domaines d’archerie, bons à juger et tenir la distance. Les règles et
les différentes listes des gagnants des tirs de Pâques et de la
Pentecôte de 1653 sont toujours visibles à la bibliothèque du Guildhall
à Londres.
Ces distances, le style de tir et les méthodes de marquage sont toujours
les bases des tirs de la Fraternité de St Georges aujourd’hui, réalisés
sur les terres de grandes propriétés et de pâturages.


Un grand nombre de marques étaient installées en permanence dans les
champs du Nord du mur de Londres. La dernière marque connue s’appelait
“Scarlet” et fut enlevée en 1881 par l’Honourable Artillery Company à
qui la garde des marques avait été confiée.
En effet ce fut l’H.A.C. qui
maintint et renouvela les marques dès le commencement.
La Fraternité de St.Georges, connue sous le nom de l’Honourable
Artillery Company, cessa de tirer dans les années 1760. Les derniers
membres devinrent les fondateurs du Royal Toxophilite Society en 1781,
époque à laquelle la Société du Finsbury Archers fusionna également.
La Royal Toxophilite Society d’aujourd’hui fut pour une courte période
associée à l’Honourable Artillery Company sous la nomenclature des
Archers de St.Georges, mais plus tard reprit un statut autonome. De nos
jours la Royal Toxophilite Society
n’organise pas de tirs aux marques de parcours, mais maintient leurs
tirs aux cibles et tirs fixes sur une cible à 45 degrés (clout).
La
Fraternité de St.Georges fut reformée par ses Gardiens et commença à
tirer dans le comté de Kent.
Les tirs sont organisés dans différents grands domaines
en
Angleterre et en France. La Fraternité
maintient la tradition de tir aux marques en parcours.
La Fraternité de St.Georges fut reconstituée à la suite de demande
croissante d’hommes et de femmes archers
de
refaire revivre la tradition des tirs de longbow, à la manière des
archers du moyen âge, mais sans reconstitution historique ni de costume.
La Fraternité aspire à unifier et encourager les archers longbow hommes
ou femmes de tous pays. Pour leur rappeler que leur sport est à la base
de tous les sports Olympiques d’archerie. Pour se garder contre la
fragmentation dans les styles de tir qui pourrait compromettre à long
terme les intérêts du sport. Pour donner par son témoignage un retour
aux traditions sans formalisme et ainsi perpétuer le sport en même temps
que son lien avec l’histoire.
Cette renaissance est soutenue par d’autres compagnies aussi bien en
Angleterre qu’à l’étranger où la Fraternité a de bonnes
connexions. Beaucoup est dû à l’enthousiasme de Mr John Whitmore à
trouver les détails sur la Fraternité dans les archives et à Mr Fred
Lake pour les informations contenues dans un livre republié “Ayme for
Finsbvrie Archers” sur l’histoire du longbow dans les champs au Nord de
Londres.
Buts de la Fraternité de St Georges
La Fraternité encourage la
pratique
du longbow en sécurité.
La Fraternité essaie de maintenir une connexion directe avec
l’entraînement de l’archer du moyen âge
quelque soit son pays d'origine,
en maintenant les façons traditionnelles de tir du longbow.
La Fraternité garde un accès d’entrée
libre
au tir du longbow pour que tous puissent se joindre.
La Fraternité accueille et encourage tous les participants aux tirs du
longbow quelles que soient leur
nationalité,
race,
age,
moyens
ou habileté.
La Fraternité prend en compte les femmes, les enfants, même de l’âge de
5 ans, et les handicapés pour que tous aient une chance de marquer des
points et puissent se divertir.
La Fraternité organise des tirs d’entraînement et s’arrange pour que
ceux qui n’ont jamais tiré au longbow aient quelqu’un pour les
accompagner et les encourager.
Les membres de la Fraternité ont milité pour l’acceptation des femmes
facteurs d’arc par la Guilde des Facteurs d’Arcs et de Flèches et
continuent de faire pression pour l’égalité de traitement pour tous et
dans tous les aspects du sport.
La Fraternité a mis à jour sa Constitution d’origine afin d’englober les
règles de sécurité et prendre en compte sa position juridique et celle
de ses membres. L’accent mis sur la sécurité, le comportement des
archers durant les tirs ainsi que les définitions et procédures claires
encouragent une meilleure pratique, et servent de repère aux autres
compagnies de longbow.
Les traditions de tir de la Fraternité de St.Georges maintiennent un
lien direct avec l’archer d’antan. Les membres de “la Fraternité” tirent
sur des distances considérables pour que les flèches atterrissent au
plus près d’une marque désignée.
Un tir typique a
jusqu’a une
quinzaine
de marques différentes mises à des distances qui sont quelquefois
délibérément difficiles à estimer pour les participants.
Les noms et dessins des marques remontent à ceux utilisés au 16eme
siècle dans les champs du Finsbury, Moorfields, Spitalfields et St
George à Londres.
Beaucoup de noms tels que
"Botless
Star",
"Sea-griffin",
"Kirby’s
castle",
"Swan’s
stake",
"Turke’s
whale"
ont une association directe avec des établissements de la Cité de
Londres. Les tirs de distances et la méthode de marquage des points sont
pratiquement
inchangés.
Une journée de tir se termine souvant avec un tir distance connue dans
la Fraternité sous le nom "le Tir du Drap d'Or". Spectaculaire et pris
en vollées de flèches cette tradition suit l'habilité du Roi Henry VIII
qui en 1520 tirait 12 fleches dans l'or à 220 metres. Ce tir de la
Fraternité fait donc la combinaison des habilités de distance et de
précision.
Pour
le tirs en France, la Fraternité suit minutieusement les traditions
françaises: c'est
à
dire
en utilisant les marques ou aussi connues sous les noms de
mascottes des anciennes Compagnies d'archers. Les "Blaireaux de
Salency", les "Cochons de Crépy", les "Noix des Sannois", les "Houx de
Thierry", les "Gouailleurs d'Avize", etc.
Règles de la
Fraternité de St Georges
Chaque membre tire avec un arc et des flèches traditionnels, avec un arc
lamellé et avec des poupées en corne, mesurant au minimum 5 pieds 6
pouces de long pour les hommes et 5 pieds pour les femmes. Le tir est
instinctif et aucune aide artificielle pour viser n’est permise, ni
élastiques, ni ruban adhésif ni viseur. Les tirs doivent ressembler le
plus possible aux distances tirées dans les champs de Londres dans les
années 1500. La moyenne des distances est toujours inférieure aux
distances pratiquées pour le tir au drapeau. Exceptionnellement le tir traditionnel
(distance) du Drap
d’Or est à 220
metres. Il y a aussi un tir de vitesse et un tir dans la tradition de la
flèche d’Azincourt.
Tous les membres tirent 3 flèches à chaque marque. Le marquage des
points ne se fait pas en tirant directement sur la marque mais en
envoyant des flèches les plus proches possible. Tous les points
s’accumulent à chaque marque et sont déterminés par une corde segmentée
en trois couleurs : blanche, rouge et bleue. Les flèches sont comptées
au plus proche par la pointe ou la plume. A 12 points dans la moitié de
la longueur d’un arc (segment blanc), 7 points dans les ¾ d’une
longueur d’arc supplémentaire (rouge) et 3 points pour encore une
longueur 1¾ d’arc supplémentaire (bleu).
La Fraternité
de St Georges est le régiment le plus ancien du monde et a reçu une
Chartre du Roi
Henry VIII en 1537 sous le nom de la Fraternité et Guilde de St.Georges,
qui devint plus tard l’Honourable Artillery Company. Elle a maintenu une
connexion directe entre l’armée d’aujourd’hui et les compagnies civiles
d’archerie de l’Angleterre médiévale. |